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EXTRAIT
A
la mémoire de Christine Van Rogger Andreucci,
ces
quelques vers jetés dans la lumière de l’éternel
printemps aux cheveux d’or -
(...)
Dis-moi
ici maintenant mais pas demain
les
dessous du désert où se love l’enfant
le
lieu sacré de celui qui voit pour la première fois
cette
terre promise où tu n’habites plus
et
à laquelle de toutes tes forces
t’aspire
retourner
Dis-moi
cet infini que tu souhaites dévorer
cette
source céleste où s’abreuvent les Saints
et
dominent dans la douleur les démons
Désir
de désert, désert de montagne
révèle-toi
et marche
dans
l’espace d’une souffrance fertile
-
étendue mercurielle où tu jettes un peu de sel sur le sable
-
(...)
Alors
marche et passe en force
si
tu souhaites devenir quelqu’un
avant
que tu ne sois plus personne
(...)
Et
tu marches au-dedans de toi-même
recouvrant
cette essence silencieuse sous le sable
où
jaillit cette source secrète
du
rappel de soi comme haut lieu du salut ---
P.B.
©
"Dis-moi
le désert au-dedans" in Les Cahiers du Sens - n°
16 (Le désert, De Marie-Madeleine Davy à Lorand Gaspar), Le
Nouvel Athanor, juin 2006. |