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La Danse du Dedans |
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« La
Danse est Dieu dans notre corps »
La
Danse du Dedans est la suprématie et le triomphe du vrai. Elle
se regarde du dehors mais ne peut se voir vraiment que de l’intérieur,
là où brille la flamme qui illumine et nourrit
la tête, le corps et le cœur de mille éclats et de mille
forces. Elle
est un incendie salvateur qui mène à la transmutation. Du grand
holocauste de nos peurs et de nos mensonges, de nos mécanismes et de
nos moult mois, naît une énergie nouvelle, une denrée rare et nécessaire
au développement harmonique de l’être. Alchimie sans chimère,
l’épais devient subtil et le nouveau-né trouve le nectar
nourrissant au cœur même de son corps. La
première marche est peut-être la plus dure à passer. A monter ou à
descendre, c’est selon. Mais les bras, tendus vers la terre puis
vers le ciel, désigne le trajet que chacun devra accomplir pour
toucher la main de l’autre, et l’aider, hic & nunc,
à s’asseoir à ses côtés avant de grimper, seul cette
fois, sur la marche d’en-dessus. Sur
le Grand Cercle, l’empreinte d’un passage étroit, la marque
d’une parole silencieuse qui scrute et qui voit. Le
sentir dans la main gauche et le cerveau droit, le savoir dans la main
droite et le cerveau gauche. Les bras en croix et le cœur au milieu,
ouverts à la connaissance pareille à de la dorure qui recouvre des
pots de plomb. La
conscience s’étale au cosmos et s’étend à l’infini, à la
mesure d’un souffle sain guidé par les étoiles. Un nouveau corps
croît dans ce chaos créateur, et crie : « Je suis »,
avant de s’initier à une strate supérieure dans laquelle la mort
est momentanément dépassée. La
joie d’Arjuna sur son champ de bataille ne s’imagine pas, elle se
vit dans l’action du mouvement qui mène à l’être. Pour cela, il
faut marcher tête haute dans le chemin non pas de l’avoir mais du
don. Car il faut donner pour devenir, non pas des dieux, mais
simplement des hommes. Et la tâche est si étendue, la distance
tellement grande qui nous sépare de la sagesse ! Que faut-il
faire, faut-il imiter comme un singe les jérémiades de Job ?
Non, car il faut agir pour que jaillisse la Joie, présente comme un
éternel printemps. « C’est en accomplissant l’action, en
effet, sans attaches, dit Krishna dans la Bhagavad Gîtâ, que
l’homme atteint le terme ultime. » Ainsi,
après un sur-effort salvateur, une âme peut s’amorcer et répandre
sa magie sur le monde. Copyright 2005 © Éditions Dervy. Extrait de Mode d'Emploi de la Parole Magique. ***
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