L'épée du poème

 

L’ÉPÉE DU POÈME. Réflexions sur le "court passage essentiel et pratique" d'un texte littéraire : de ce qui est vu, compris et montré à ce qui doit être fait

Résumé de la conférence

Comme l’écrit René Daumal dans une lettre à un ami, le bon lecteur est celui qui remarque ce que les Hindous appellent l’ « épée d’un poème » – c’est à dire « le court passage essentiel et pratique », lequel réside dans ce qui est compris, dans ce qui est montré, dans ce qui doit être vu et dans ce qui doit être fait. A la lumière de ce « principe » fondamental, nous nous interrogerons sur les enjeux des littératures à caractère visionnaire, non-dualistes, résolument contagieuses parce qu’elles nous invitent à sortir du livre pour agir. Nous porterons notamment notre attention sur la nature et la fonction de « celui qui voit » et de « ce qui est vu », sur la manière dont il parvient à « voir », sur la façon dont il en rend compte par l’acte d’écriture, sans oublier de s’interroger sur ses motivations. Le but de l’art en général et spécialement de l’art visionnaire, n’est-il pas justement moins de divertir (de nous détourner de), de nous faire rêver et imaginer des choses qui en réalité n’existent pas, que de nous faire voir « la réalité telle qu’elle est vraiment », avec le regard de l’enfant qui découvre les choses pour la première fois sans préjugés, sinon de nous y inviter en nous offrant les fragments d’un possible « mode d’emploi », sinon de tenter de nous transmettre une « saveur », id est l’essence même d’une expérience vécue et consciemment éprouvée ? Pour tenter de répondre à cette question, ou dans le dessein, plutôt, de l’aggraver plus encore, nous aborderons, entres autres thèmes déjà évoqués, quelques points des plus récurrents dans ces littératures, et force est de constater, inextricablement liés : la manière dont l’art est mis au service de la connaissance (à distinguer du savoir purement intellectuel), sa possible nature subjective et objective ; les rapports entre les pouvoirs de la parole et la conscience humaine ; la présence au monde dans l’ici et maintenant ; la disponibilité du sujet, de l’expérience vécue à l’acte d’écriture ; la connaissance de soi ; les états et les niveaux de conscience, le rapport entre la dissolution de l’ego (des mois, des masques) et la conscience du Soi ; la mise en lumière, dans l’acte d’écriture suivant l’acte d’éveil, des « éclats de la gloire du monde ». Ainsi, par exemple, nous est offert cette « épée » : « Pour voir le monde dans un grain de sable et le Paradis dans une fleur sauvage, a écrit William Blake, saisis l’Infini dans la paume de ta main et l’Éternité dans l’heure qui passe. »

Présentation personnelle

Écrivain, chercheur, chargé de cours et conférencier, Pierre Bonnasse s’intéresse particulièrement à la littérature, à la psychologie, aux thérapies psychocorporelle, aux sciences religieuses et aux philosophies hermétiques, notamment à la question transdisciplinaire des « états et niveaux de conscience ». Il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes (Troubles, Odussea, Cendre & Lumière, Happy Hooker’s Hand, Dans la nuit d’Aghtamar), d’articles, de chroniques, d’une anthologie (Les Voix de l'Extase, Éditions Trouble-fête) et d’un essai (Mode d'emploi de la parole magique, Éditions Dervy) à paraître également en 2008 aux Etats-Unis. Plus d’informations sur www.pierrebonnasse.com.

 

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